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À propos de cette newsletter
L'EnVert de l'Écologie est une newsletter mensuelle née en Tunisie, ouverte sur le monde. Elle secoue ceux et celles qui doutent encore au changement. Elle accompagne ceux et celles qui savent que les transformations socio-écologiques sont impératives. Cette newsletter n'a pas la prétention de tout expliquer, ni d'offrir des réponses toutes faites. Elle ambitionne quelque chose de plus humble et de plus essentiel : nourrir une prise de conscience collective, défricher des pistes de solutions, et identifier ensemble les leviers d'action qui s'offrent à nous — en Tunisie d'abord, en résonance avec le reste du monde ensuite. C'est une invitation à regarder en face, à penser autrement, et à agir — chacun·e à son échelle, tou·tes ensemble. Bienvenue dans la lucidité. |
| 1 | Mot de la rédaction |
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L'EnVert de l'Écologie · Juin 2026
« Le 5 juin est censé être la journée où les États renouvellent leur engagement pour la planète. En Tunisie, juin 2026 aura surtout été le mois où la réalité a rappelé à l'ordre le discours : 49 plages interdites à la baignade, dont la majorité polluées par des eaux usées déversées directement en mer — souvent à l'état brut — par l'ONAS, l'Office National de l'Assainissement. Un organisme public qui, au lieu de protéger le littoral, en est devenu l'un des principaux agresseurs. »
— L'équipe de la rédaction
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| 2 | Tunisie en focus |
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49 plages
Déconseillées été 2026
+75 % en un an |
+20 %
De réchauffement plus rapide
que la moyenne mondiale — GIEC AR6 |
900 ×
Cadmium au-delà des normes
à Gabès — Inkyfada, juin 2026 |
Les autorités sanitaires ont recensé 49 points du littoral déconseillés à la baignade cet été, contre 28 lors de l'été précédent : un bond de 75 % en un an. Ben Arous (18), Bizerte (12), Tunis (8), Nabeul (5), Gabès (3), Ariana (2), Sousse (1). Le ministre de l'Environnement avait promis des plages « plus propres ». Les chiffres disent l'inverse.
La cause principale ? Les rejets d'eaux usées de l'ONAS, dont les émissaires littoraux déversent en mer — souvent directement et sans traitement suffisant — les effluents de zones d'habitation denses. À Ben Arous, les plages de Hammam-Lif, Rades et Ez-Zahra sont fermées pour cette raison structurelle depuis plusieurs étés.
Le Plan Bleu est formel : 80 % des déchets marins proviennent de la terre, et 9,5 kg de plastique sont déversés par km de côte tunisienne chaque jour. Le littoral tunisien n'est pas victime du changement climatique seul. Il est victime de décisions institutionnelles : un ONAS sous-financé, une industrie non contrainte, une gouvernance côtière absente.
Le gouvernement a lancé un programme de 58 millions de dinars pour sécuriser les ressources en eau pendant l'été 2026. La situation reste structurellement vulnérable : l'agriculture absorbe 75 % des ressources hydriques, sans réforme de fond en vue.
Sur le temps long, la BAD a accordé 81,9 M€ pour le projet PAQEE-RCC (2024-2028) : 19 stations d'épuration rénovées dans 11 gouvernorats, 3 000 ha irrigués en eaux recyclées, 670 000 bénéficiaires. C'est là que les projets internationaux s'arrêtent et que la gouvernance nationale doit prendre le relais.
L'unité pilote d'Oued Laya à Sousse va tripler sa production d'électricité à partir de déchets. Zero Waste Skhirat est lauréat du 10e appel BeMed. À La Marsa, 200 kg de plastique collectés en une journée. Ces initiatives citoyennes comblent à leur échelle les lacunes d'une politique nationale des déchets qui ne s'attaque toujours pas aux causes : 80 % des déchets marins proviennent de la terre, et la loi de 2020 sur les sacs plastiques reste largement inappliqueée.
La Tunisie a adhéré à l'initiative TeraMed (1 TW d'ENR en Méditerranée à horizon 2030). La feuille de route refroidissement durable 2030 affiche -70 % de HCFC atteints fin 2025 (717 000 t CO₂ évitées), objectif zéro 2030.
Ces résultats coexistent avec un déficit énergétique primaire de 65 % et un pic STEG anticipé à 5 000 MW cet été. 2,7 millions de climatiseurs résidentiels avec des coefficients de performance inférieurs à 2 génèrent plus de 2,3 GW de demande de pointe. Être modèle régional du refroidissement durable ne peut pas se faire sur un réseau au bord de l'effondrement.
Le 5 juin 2026, Inkyfada publiait une enquête accablante : le GCT déverse entre 10 000 et 15 000 tonnes par jour de déchets industriels — phosphogypses contenant uranium, plomb, polonium et radium — directement dans le Golfe de Gabès. Le cadmium est 900 fois au-dessus des normes. Cancers respiratoires, malformations congénitales, stérilité : les habitant·es vivent dans ce que beaucoup nomment le « Tchernobyl tunisien ».
Le 26 février 2026, le tribunal de Gabès a rejeté la demande de suspension des unités polluantes faute de « preuves suffisantes » — alors qu'un audit BAD avait dénoncé des « non-conformités majeures ». Aucune étude épidémiologique nationale n'a jamais été conduite sur Gabès.
Ce que l'on ne mesure pas, on ne le protège pas. Gabès est le test ultime de ce que la « souveraineté écologique » proclamée ce même 5 juin signifie concrètement — ou ne signifie pas.
Trois signaux positifs ont marqué juin 2026. Le 5-6 juin, le ministre Habib Abid a proclamé une « souveraineté écologique ». Du 23 au 25 juin, Tunis a accueilli la 4e réunion régionale PAM/PNUE (10 pays, pollution côtière, biodiversité marine). Enfin, -70 % de HCFC documentés en conformité avec l'Amendement de Kigali.
Ces avancées sont réelles. Mais une souveraineté écologique se mesure à l'état des plages, à la santé des habitant·es de Gabès — pas à la qualité des discours tenus en salle de conférence. Accueillir la réunion PAM tout en laissant l'ONAS déverser des eaux usées dans la même mer que l'on s'engage à protéger : voilà l'écart que ce numéro s'efforce de nommer.
| 3 | Actu internationale |
| 4 | Analyse du numéro |
| 5 | Notion clé du numéro |
L'objectif 30×30 marin désigne l'engagement de la COP15 Biodiversité (Kunming-Montréal, décembre 2022) de protéger efficacement 30 % des océans, mers et zones côtières de la planète d'ici 2030. Le mot clé est « efficacement » : une AMP sans surveillance, sans budget de gestion, sans protocoles de contrôle n'est pas une protection — c'est une fiction cartographique.
Le thème de la Journée mondiale des Océans 2026 a précisément mis cet objectif en lumière, dans un contexte où la Méditerranée concentre 7 % des microplastiques mondiaux dans 1 % des eaux de la planète.
| 6 | Rapports & ressources recommandés |
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Enquête journalistique · Pollution industrielle · À lire absolument
Gabès, ville empoisonnée depuis 50 ans dans l'indifférence du pouvoir
Inkyfada — 5 juin 2026
Publiée le 5 juin, cette enquête est l'un des textes les plus importants de 2026 en Tunisie. Données de contamination (cadmium 900× les normes, uranium, radium), historique juridique GCT, absence d'étude épidémiologique nationale. Référence absolue sur l'écart entre droit affiché et application réelle.
→ Accéder à l'enquête
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Guide pratique · Santé climatique · Adaptation · OMS/EURO
Heat–Health Action Plans : Guidance — 2e édition
OMS Bureau régional Europe — 2024
Le guide de référence de l'OMS pour concevoir et mettre en œuvre des plans d'action santé-chaleur. Couvre la surveillance épidémiologique, les seuils d'alerte, la protection des populations vulnérables et la gouvernance intersectorielle. Essentiel pour les pays méditerranéens et africains face à la montée des canicules.
→ Accéder à la publication
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| 7 | Podcasts à écouter |
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BBC World Service · Anglais
The Climate Question — « Is climate change ruining our sleep? »
BBC World Service · 2026
Le changement climatique perturbe nos nuits : hausse des températures nocturnes, canicules qui empêchent le sommeil, effets sur la santé physique et mentale. Un angle rare qui relie science du climat et vie quotidienne — d'autant plus pertinent pour les ménages tunisiens sans climatisation et sans logements isolés.
→ Écouter le podcast
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France Culture · Français
Les Enjeux Internationaux — « Comment les canicules bouleversent-elles le vivant ? »
France Culture · 25 juin 2026 · 12 min
Avec des biologistes, écologues et médecins : comment les vagues de chaleur affectent la physiologie des êtres vivants, dérèglent les écosystèmes et fragilisent les populations vulnérables. Un éclairage scientifique direct sur ce que subissent les habitant·es de Gabès et des zones côtières polluées.
→ Écouter le podcast
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| ❖ | Agenda |
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Jusqu'au
3 juil. Global
En cours
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GIEC SR-Cities — 2e draft en revue (jusqu'au 3 juillet 2026)
Le second draft du rapport spécial GIEC sur le changement climatique et les villes est ouvert à la revue d'experts jusqu'au 3 juillet 2026. Ce rapport fixera les bases scientifiques de l'adaptation urbaine et côtière — avec des implications directes pour Tunis, Sfax et Sousse.
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L'EnVert de l'Écologie
Gouvernance · Climat · Territoires · Sobriété
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Newsletter mensuelle indépendante Tunisie & International Numéro 3 — Juin 2026 |