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À propos de cette newsletter
L'EnVert de l'Écologie est une newsletter mensuelle née en Tunisie, ouverte sur le monde. Elle secoue ceux et celles qui doutent encore au changement. Elle accompagne ceux et celles qui savent que les transformations socio-écologiques sont impératives. C'est une invitation à regarder en face, à penser autrement, et à agir — chacun·e à son échelle, tou·tes ensemble. Bienvenue dans la lucidité. |
| 1 | Mot de la rédaction |
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L'EnVert de l'Écologie · Septembre 2026
« Le verdict de l'Institut national de la météorologie est tombé : l'été 2026 est le plus chaud jamais enregistré en Tunisie depuis 1950, avec 2,9 °C de plus que la normale. Août a battu son propre record, les nuits ne rafraîchissaient plus, et le Centre comme le Sud ont subi des épisodes d'une durée inédite. L'automne s'annonce, lui aussi, plus chaud que la normale.
Un record n'est pas une fatalité : c'est un avertissement. La vraie question n'est pas de savoir si l'été prochain sera aussi chaud, mais si nous aurons tiré les leçons de celui-ci — mesurer ce qui s'est passé, ce que cela a coûté, ce qui a tenu et ce qui a cédé. Ce numéro s'y emploie. L'été est derrière nous ; la préparation du prochain commence maintenant. » — L'équipe de la rédaction
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| 2 | Tunisie en focus |
La nouvelle année hydraulique, ouverte le 1er septembre, démarre avec des barrages remplis à 50 % — un niveau que le ministère de l'Agriculture juge « encourageant », atteint en plein pic de consommation estivale. Les pluies de la mi-septembre laissent même espérer 70 à 80 % d'ici la fin de l'automne, et six nouveaux barrages s'ajouteront aux 37 en exploitation.
Mais l'eau stockée n'est pas l'eau livrée. Le rapport national du secteur de l'eau 2024 le dit clairement (p. 61) : l'état vétuste du réseau SONEDE, et sa saturation dans certaines zones, dégrade la qualité du service. Sur 691,9 millions de m³ injectés dans le réseau de distribution, seuls 527 sont consommés : un rendement de 77,5 %, en légère baisse par rapport à 2023 (77,7 %), que le rapport présente lui-même comme un indicateur de dégradation. 24 % des quelque 59 000 km de conduites ont plus de 50 ans, et 40 % entre 20 et 50 ans. Au total, sur 790 millions de m³ produits, 536 seulement parviennent aux usagers — alors que le pays traverse sa cinquième année de sécheresse.
Le calendrier des alertes SONEDE dit la même chose, semaine après semaine : coupures annoncées le 1er, le 2, le 10, le 12, le 21, le 26 et le 28 septembre, puis une coupure programmée le 30 à Gabès, Médenine et Tataouine pour maintenance de la station de dessalement de Zarat. La pluie remplit les barrages ; elle ne répare ni un réseau qui perd plus d'un litre sur cinq, ni une station qu'il faut arrêter pour l'entretenir. Ce n'est plus une crise de la ressource, c'est une crise de l'acheminement — et elle ne se résout pas à coups de communiqués de bon augure.
Annonce du jour, littéralement : la Chambre nationale du photovoltaïque a dévoilé le 22 septembre un projet de « citoyenneté photovoltaïque » : équiper gratuitement, sur quatre ans, un million de foyers déjà bénéficiaires de la tarification sociale (consommation annuelle ≤ 1 100 kWh) d'un panneau et d'un onduleur, en s'appuyant sur la subvention publique de 80 % déjà en vigueur. Le projet est présenté cette semaine au Salon international de la transition énergétique (1er-3 octobre à Tunis).
L'annonce tombe alors qu'une analyse publiée en août chiffre l'écart entre l'objectif affiché de 35 % de renouvelables et la réalité : 9 % du mix électrique fin 2025, pour une dépendance au gaz — algérien à 75 % — qui couvre encore 94 % de la production. Il manque environ 3 900 MW de capacité renouvelable pour tenir l'objectif 2030 ; seuls 600 MW sont en développement. Une chambre professionnelle qui propose d'équiper un million de foyers pendant que l'État revoit son propre objectif à la baisse (10 % fin 2026, contre 35 % visés initialement) : le décalage entre l'ambition citoyenne et le rythme institutionnel n'a jamais été aussi visible.
La Tunisie compte aujourd'hui 4 millions de climatiseurs, et un plan gouvernemental vise, d'ici 2030, à moderniser le parc vers des appareils au gaz respectueux de la couche d'ozone — dixième anniversaire oblige de l'amendement de Kigali au protocole de Montréal — pour une économie d'énergie équivalente à 600 000 appareils, soit un gain minimal de 15 % par la nouvelle génération.
L'intention coche deux cases à la fois, climat et ozone, et c'est suffisamment rare pour être salué. Mais la climatisation reste la meilleure et la pire des adaptations : elle protège des 49-51 °C ressentis de l'été, et elle alimente la pointe qui a frôlé les 6 000 MW en juillet, obligeant la STEG à appeler à la sobriété au moment précis où l'on a le plus besoin de fraîcheur. Tant qu'aucun mécanisme de remplacement subventionné du parc existant n'est budgété, la transition restera une politique pour les appareils neufs — pas pour les 4 millions qui tournent déjà.
« Le coût économique de ces vagues de chaleur pourrait être particulièrement lourd pour la Tunisie », prévenait mi-septembre l'expert Faouzi Zayani. Les signes sont déjà là : hausse continue des prix des fruits et légumes, pertes « considérables » chez certain·es éleveur·euses et céréaliculteur·rices, recettes fiscales en recul, déficit structurel de la production nationale de céréales.
Bonne nouvelle : la Tunisie dispose désormais d'un plan national d'adaptation avec un focus sécurité alimentaire, adossé à la CDN 3.0 et au plan quinquennal 2026-2030. Il projette, selon le scénario le plus pessimiste, jusqu'à 40 % de production céréalière en moins d'ici 2050, des rendements oléicoles en recul pouvant atteindre 32 %, et une perte de 5 à 10 % du PIB agricole dès 2030 (3,7 à 4,7 milliards de dollars). La CDN 3.0 budgète, elle, 8 milliards de dollars pour l'agriculture et l'alimentation d'ici 2035. Reste l'angle mort : ce sont des projections. Tant qu'aucun bilan annuel public ne dit ce que la sécheresse a déjà coûté aux agriculteur·rices et aux éleveur·euses, la Tunisie planifie l'adaptation de demain sans comptabiliser les pertes d'aujourd'hui.
| 3 | Actu internationale |
| 4 | Analyse du numéro |
| 5 | Rapports & ressources recommandés |
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Expertise collective · Environnement · Conflits · Migration
Environmental Change, Conflict and Human Migration in the Mediterranean Basin
MedECC — réseau d'expert·es méditerranéen·nes — 2026
Une expertise collective de 42 scientifiques de 20 pays, fondée sur plus de 1 000 publications, qui relie dégradation de l'environnement, conflits et migrations humaines autour de la Méditerranée. Une lecture utile pour penser la Tunisie dans son bassin, et pour sortir du débat migratoire ordinaire en regardant ses causes : eau, sols, chaleur, sécurité.
→ Accéder au rapport
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Plan officiel · Adaptation · Sécurité alimentaire
Le plan national d'adaptation au changement climatique de la Tunisie — Composante sécurité alimentaire
FAO & ministère de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche — 2026
Le document de référence sur ce que le dérèglement climatique pourrait coûter à l'agriculture tunisienne : jusqu'à 40 % de céréales en moins d'ici 2050 (scénario pessimiste), des rendements oléicoles en recul pouvant atteindre 32 %, 5 à 10 % de PIB agricole perdus dès 2030, des nappes renouvelables réduites de moitié d'ici 2100. À lire pour les projections — et à compléter par ce qui manque encore : un suivi annuel des pertes réellement subies.
→ Accéder au plan
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Rapport annuel · Risques mondiaux · Plus de 1 300 expert·es consulté·es
The Global Risks Report 2026
World Economic Forum — 14 janvier 2026
Les événements météorologiques extrêmes arrivent en tête des risques les plus graves à dix ans, devant la perte de biodiversité et les changements critiques des systèmes terrestres. À deux ans, en revanche, la confrontation géoéconomique, la désinformation et la polarisation prennent le dessus. Un rappel utile : l'urgence environnementale recule dans l'agenda immédiat précisément quand elle domine l'horizon long.
→ Accéder au rapport
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| 6 | Podcasts à écouter |
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Ecologia Podcast · Transition écologique en Tunisie · Français
Ecologia — le podcast de la transition écologique en Tunisie
YouTube · Ecologia Podcast
Une voix tunisienne sur les enjeux de la transition écologique : l'occasion d'entendre, en écho à ce numéro, des acteur·rices du terrain parler de leur propre réalité.
→ Voir l'épisode
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AtmoSud · Inspirons · Français
Été 2026 : après la sidération, quelle adaptation ?
Avec François Gemenne (GIEC) · 4 septembre 2026
La question que pose tout ce numéro, posée frontalement : après un été de records, choisit-on une adaptation réactive ou une adaptation qui repense vraiment nos choix collectifs ?
→ Écouter le podcast
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Chatham House · Independent Thinking · Anglais
The summer of '26: a turning point for the climate crisis?
Avec Beatrice Mosello, Patrick Schröder & Oliver Morton · 21 août 2026
Un plateau de recherche examine si l'été des records européens marque un basculement dans l'urgence perçue — ou une nouvelle normale qu'on apprend, dangereusement, à absorber.
→ Écouter le podcast
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L'EnVert de l'Écologie
Gouvernance · Climat · Territoires · Sobriété
Newsletter mensuelle indépendante · Tunisie & International
Numéro 6 — Septembre 2026 |